LA MÉDIATION, UNE RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE TRANQUILLE POUR VIVRE ENSEMBLE
Ce blog interactif est porté par l¹Institut de Médiation Guillaume-Hofnung, animé par sa fondatrice, et co-écrit avec Clovis Hofnung du DU de Médiation à l’Université de Paris 2.
N’hésitez pas à nous contacter pour toute information complémentaires :
clovishofnung@orange.fr 06.77.70.51.98.
Pourquoi ce Blog ?
. J¹aimerais, au lendemain du premier tour de l¹élection présidentielle la mettre à la disposition de mes concitoyens pour essayer avec eux de sortir de la culture du conflit qui altère notre tissu social et entraîne un gâchis d¹énergies personnelles et collectives. .Nous pouvons devenir des acteurs majeurs de la construction et de la reconstruction du tissu social, nous pouvons porter de nouvelles formes de solidarités interactives. Il ne s¹agit pas de rivaliser avec les pouvoirs publics, mais d¹être des partenaires majeurs à tous les sens du termes : de première importance et murs
La réflexion et l¹action politique devraient faire une place importante à la médiation face à la précarité relationnelle qui affecte nos concitoyens. Un régime juridique du bénévolat, mieux adapté permettrait de libérer les énergies civiques qui font le terreau de la médiation. Je vous propose de dialoguer autour de la médiation une nouvelle liberté publique à l¹appui des autres libertés
INTRODUCTION :
Les membres de la société civile souhaitent s¹impliquer plus efficacement dans la vie de la cité. La vitalité des associations leur permet de jouer un rôle actif dans la durée et non pas seulement par l¹exercice intermittent du droit de vote. Même si le fort taux de participation du premier tour de l¹élection présidentielle témoigne d¹un vaste espoir civique, la démocratie représentative ne permet pas l¹expression pleine entière et surtout continue des bonnes volontés et des talents dont notre pays ne manque pas. Certains ne peuvent pas s¹y développer suffisamment en raison de blocages économiques, juridiques ou culturels persistants, les femmes en particulier
auxquelles les états-majors des partis ne laissent pas encore toute la
place qu¹elles devraient et pourraient occuper
.La médiation favorise la valorisation de toutes les compétences actives.
DEFINITION de la Médiation :
La médiation est un processus de communication éthique reposant sur l'autonomie et la responsabilité des personnes concernées (les médieurs) dans lequel un tiers impartial neutre, indépendant, sans pouvoir, avec la seule autorité que lui reconnaissent les médieurs favorise l'établissement ou le rétablissement du lien, la prévention ou le règlement de la situation en cause. Bien que je sois l¹auteure de cette définition (cf Que sais je ? n° 2930 édité aux PUF « La médiation », 4ème édition 2007 Michèle Guillaume-Hofnung), elle n¹est plus ma définition personnelle car elle est devenue la définition de référence.
Le forum de discussion se présentera comme suit :
- L’opinion que je vous soumets constituera la trame ;
- La documentation que je mets à votre disposition : Documentation pour discuter : il s’agit de brefs extraits de mon « que-sais-je ? » LA MÉDIATION »PUF, n°2930, quatrième édition 2007, elle figurera en Jaune
- Une rubrique d’exemples concrets apparaîtra en vert
SORTIR LA FRANCE DE LA CULTURE DU CONFLIT FACILITER LE DIALOGUE PLUTOT QUE DE FABRIQUER DU CONFLIT
La médiation ne méconnaît pas la valeur positive de certains conflits, mais elle n¹en fait pas une fatalité nationale, et les aborde d¹une manière positive quand ils surviennent.
- Les conflits font partie de la complexité inhérente aux phénomènes humains, la négation du conflit est la négation de l¹humain.
- Mais il ne faut pas en fabriquer inutilement et il faut trouver un processus de résolution qui sorte du duel ravageur dont notre pays se fait une spécialité.
► Le dialogue social stagne, les positions se tribalisent ou s’enferment dans les corporatismes, la médiation offre l'occasion de bouger et de se libérer par le haut.
Documentation pour discuter : L¹aspect éthique de ce postulat se comprend surtout quand on évalue les conséquences des systèmes qui veulent nier les conflits. La formulation la plus nette revient à H. Arendt : ³ C¹est le propre de la pensée totalitaire de concevoir une fin des conflits ² (Penser l¹événement, Paris, Belin, 1989). Mal traité, mal géré, le conflit peut devenir destructeur, mais sa survenance résulte de la liberté de l¹homme et du caractère imprévisible qu¹elle communique à ses actes. Le fusionnel, qu¹il soit dans l¹amour, la fraternité, ou l¹harmonie politique, réduit l¹homme et ne lui permet pas d¹évoluer. Le conflit fait partie du processus de développement (v. A. Touraine, Encyclopoedia Universalis, art. ³ Conflits sociaux _, p. 865). Dans une autre famille de pensée J. Freund avait mis en lumière la valeur positive des conflits (Sociologie du conflit, PUF, 1983). La médiation s¹appauvrirait en s¹inscrivant dans une culture de fuite du conflit. Dominique Wolton souligne la fonction heuristique du conflit. ³ Dans l¹ordre sociologique, le changement le plus important serait de réduire la dévalorisation qui entoure la notion de ³ conflit social,. On y voit toujours la trace d¹un échec, alors qu¹il est le moyen de visualiser le heurt de plusieurs représentations La dernière utopie, Paris, Flammarion, 1993, p. 22). Mark Hunyadi, lui aussi, met bien en lumière le rôle bénéfique du conflit in La vertu du conflit- pour une morale de la médiation, Paris, éd du Cerf 1995.
1) LA MÉDIATION EST UNE RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE
- Un élément de démocratie participative qui redonne la parole à la base
- Elle enrichit la démocratie en lui fournissant un processus de communication dans lequel le citoyen ne demeure pas un récepteur intermittent (sollicité lors des campagnes électorales) du message politique mais peut se comporter en partenaire adulte au quotidien et être entendu.
UNE ENERGIE CIVIQUE : médiation et « empowernment »: la médiation a surgi de la société civile dont elle exprime la vitalité et la créativité. Elle constitue un choc en retour des empiètements de l¹Etat providence sur l¹initiative individuelle. Il y a dans la médiation une dynamique de gouvernance partagée.( ou de remise en capacité que je préfère aux terme empowerenment)
Elle repose sur une remise en capacité qui fait confiance aux citoyens pour se sortir par le haut de situations que nous avons culturellement l¹habitude de traiter par le conflit et l¹arbitrage de l¹Etat. L'esprit de la médiation, repose SUR L'AUTONOMIE ET LA RESPONSABILITE des acteurs sociaux : particulier « de base » mais aussi personnes morales publiques, ou privées. Elle a déjà permis l’implication active d’acteurs qui ne trouvent pas toujours leur place, ou pas suffisamment dans la vie de la cité.
Les femmes, les étrangers, les jeunes qui n¹ont pas encore le droit de vote s¹investissent dans d¹utiles actions de médiation très souvent ignorées car elles ont permis d¹éviter des conflits ou en ont permis le règlement pacifique.
► Combien de médiations IGNORÉES PARCE QUE RÉUSSIES ont permis que le pays ne s¹embrase pas plus en NOVEMBRE 2005 ?
Elle constitue UN VECTEUR DE PARTICIPATION permettant à chacun d'être acteur des situations qui le concernent, qui dynamise son potentiel et ses compétences sociales. La démocratie ne peut plus se passer de la reconnaissance du potentiel créatif de chacun.
La médiation permet de surmonter les limites de la démocratie classique qui confisque la parole du citoyen de base.
La démocratie hyper-représentative se coupe des citoyens, qui en retour se coupent d¹elle.
La forte participation de nos concitoyens aux dernières élections ne signifie pas une adhésion inconditionnelle et acquise au système représentatif. Elle est peut-être leur dernier acte de l’histoire ne repasse pas toujours les plats, il faut par la médiation permettre la prise en compte de leur parole entre deux élections. . La médiation au quotidien suppose une attitude citoyenne concernant la place de l¹individu dans la société, le politique dans son essence.
Documentation pour discuter : Les références politiques de la médiation
■ Les limites de la démocratie classique : font l¹objet d¹études nombreuses. La médiation peut à sa manière contribuer à en combler les lacunes sans en remettre en cause les acquis. Marcel Gauchet (La Révolution des droits de l¹homme, Gallimard, 1989) remarquait un des paradoxes de la déclaration qui plaçait la société civile dans la dépendance de l¹Etat, par son incapacité à la dissocier de ce dernier. La médiation a pour l¹instant une existence indépendante de l¹Etat grâce à son dynamisme civique. En échappant à l¹emprise de l¹Etat elle constitue un creuset d¹évolution. La médiation ne peut-elle pas contribuer à la démocratie du troisième type qu¹A. Touraine appelle de ses vÏux ? Elle pourrait permettre la ³ reconnaissance de l¹autre et la communication culturelle ² qui doit suivre la phase de conquête des droits civiques et l¹instauration de la justice sociale (Qu¹est-ce que la démocratie, Fayard, 1994, 298 p. ). ³ Le dialogue suppose l¹égalité ² (Edgar Morin entretien, Le Courrier de l¹UNESCO janvier 2004) on ajoutera que la médiation aussi.
Le besoin de solidarité si difficile à satisfaire d¹en haut, parce que les institutions ne peuvent tout faire, et ³ parce qu¹il n¹existe pas d¹instance spécifique chargée de les satisfaire ² (N. Lechner, Rev. internationale des sc. soc. , no 129, aoét 1991, Unesco ³ Repenser la Démocratie ) relève d¹initiatives civiques.
■ Les droits et les devoirs de l¹Homme.
Les droits de l¹homme fournissent à la médiation un cadre juridique particulièrement fort aussi bien la Déclaration de 1789 que la Déclaration universelle de 1948. L¹article 1 de la Déclaration universelle fait de la dignité, le fondement des droits de l¹HOMME .C¹est dans la rencontre de l¹altérité que nous rencontrons l¹humain. ² La médiation se réfère tout particulièrement à la solidarité et à l¹altérité (voir aussi Droits de l¹homme et médiation, J. -F. Six, in Les droits de l¹homme en questions, Commission nationale consultative des droits de l¹homme, La Documentation française, 1989, p. 333 et s. ). Une communication éthique entre les individus est un élément constitutif de l¹exigence démocratique contemporaine, certains auteurs commencent à le percevoir (D. Wolton communication La société de l¹information:glossaire critique- ouvrage collectif CNF/UNESCO, La documentation française 2005).
Faut-il sourire de ces principes en raison du décalage avec la réalité et les moeurs ? Les temps sont, il est vrai, au ŠOn peut aussi au contraire y voir une raison supplémentaire de souhaiter le développement de la médiation tant sont grands les risques de rupture de la cohésion sociale en situation de crise durable. Dans quel camps se trouve le réalisme ?
■ LA MÉDIATION POUR APPRENDRE A VIVRE ENSEMBLE :
Le plan d¹action du Comité français de liaison de l¹ONU pour la décennie de l¹éducation retient sur ma proposition la médiation comme élément de l¹éducation aux droits de l¹Homme.
En avril 2000, j¹avais co-organisé un colloque à l¹UNESCO « médiation éducation aux droits de l¹Homme pour vivre ensemble en ville ». La culture de médiation commence à l¹école. Elle permet un respect RÉCIPROQUE à condition que le médiateur soit un tiers VRAIMENT TIERS, EXTÉRIEUR, sans pouvoir et non pas un membre de l¹institution scolaire ou un élève de l¹établissement. La médiation scolaire se développe portée par des associations. Elle établit ou rétablit le dialogue entre des familles « disqualifiées » ou méfiantes et l¹institution.
Son efficacité résulte de ce que le médiateur va au devant des situations, dépassant les postures classiques de guichet et d¹autorité.
DÉS L¹ÉCOLE IL FAUT APPRENDRE TRÈS TOT À S¹ÉCOUTER MUTUELLEMENT POUR ESSAYER DE SE COMPRENDRE ET DE TROUVER ENSEMBLE UNE SOLUTION POUR S¹EN SORTIR PAR LE HAUT.
2)SANS VIOLENCE CAR SANS RELATION DE POUVOIR
La médiation introduit dans une situation tendue, un tiers, c¹est à dire un intervenant EXTÉRIEUR, libre et surtout sans pouvoir, qui permet de passer du duel au ternaire.
Documentation pour discuter : La pensée ternaire humanise l¹homme. Pour Paul. Ricoeur, l¹éthique est en soi ternaire, le triangle de base de l¹éthique est formé par l¹estime de soi, la sollicitude pour autrui, les institutions justes. La supériorité d¹une réflexion ternaire par rapport à une pensée binaire est qu¹elle humanise l¹homme. On en perçoit les effets au XII¡ siècle avec l¹apparition du purgatoire qui permet à l¹humanité d¹imaginer un moyen terme entre l¹enfer et le paradis. La notion d¹intermédiaire a été capitale, elle a en particulier permis une humanisation de la justice (J. Le Goff, Rev. Arts, décembre 1991, p. 12). De plus la pensée trinaire permet d¹accepter l¹autre et la différence en général. ³ La victoire automatique de la pensée binaire ² (Dufour, p. 462) ferait perdre ces acquis.
3)CONSTRUIRE OU RECONSTRUIRE LE LIEN SOCIAL POUR MIEUX VIVRE ENSEMBLE
Elle rend possible une communication authentique..Elle en garantit le caractère éthique et équilibré : ELLE EST PASSEUSE DE COMPRÉHENSION.
SAVONS NOUS EVALUER LE POTENTIEL DE CONFLICTUALITE DE L¹ABSENCE DE RECONNAISSANCE MUTUELLE ET LA PERTE D¹ENERGIE QU¹ELLE ENGENDRE Documentation pour discuter :
Il y a une réelle éthique de la médiation. La médiation est passeuse de compréhension. Le médiateur, neutre n¹ajoute rien au message de chaque partenaire, il facilite leur ajustement, permettant les déplacements nécessaires à la rencontre. 1.
■ L¹éthique de la communication :
Fondamentalement, la communication suppose la reconnaissance de l¹autre à peine de perdre tout sens. L¹émission du message n¹a de sens que si l¹émetteur reconnaît une valeur symétrique au récepteur. La communication est trop souvent une émission unilatérale « efficace », qui ne se préoccupe du récepteur -objet que pour s¹assurer d¹un enregistrement sans déperdition du message émis, elle l¹instrumentalise. L¹émetteur en ³ communiquant ² ne cherche qu¹à accroître sa puissance. La médiation implique la reconnaissance mutuelle et l¹autonomie des partenaires. Le médiateur garantit l¹éthique de la communication. Alors qu¹on peut imposer___m un jugement à une personne qui nie toute légitimité au juge, et à travers lui aux victimes que le jugement va reconnaitre (c¹est la posture de la plupart des criminels contre l¹humanité), le processus de médiation requiert la reconnaissance de l¹autre.
■ L¹éthique de la discussion :
Il peut y avoir médiation sans conflit, par nécessité de dialogue, par humanité. La médiation se réfère donc à Habermas qui fait une large place à ³ l¹éthique de la discussion ² et refuse de l¹opposer à l¹autorité, car la discussion n¹affaiblit pas l¹autorité, elle peut même la rendre efficace. La discussion repose sur la reconnaissance de la valeur de l¹autre, sans conduire à nier d¹éventuelles oppositions, elle ne présume pas non plus l¹impossibilité d¹aboutir à la découverte de valeur(s) commune(s) que l¹absence de dialogue avait enfouie(s). La formule ³ on ne peut pas discuter ² est une des plus désespérantes et une des plus négatives qui soit. Mais pour la dépasser, il faut une médiation qui fait brèche et passerelle. elle donne du jeu, justement, là où on pourrait croire que les jeux sont faits.
► Dans un avenir proche, face aux illusions de communication que procurent les médias modernes, et aux manipulations qu¹ils permettent se développera un secteur de la médiation qui en fera la garantie de la réalité de l¹image ou du message. La garantie ne sera possible que si le médiateur bénéficie d¹un extériorité suffisante pour ne pas contribuer à la manipulation. La médiation deviendrait alors un pilier de la démocratie.
A/ TANT À L¹ÉCHELON NATIONAL
La médiation fonctionne déjà dans nos sociétés civiles Discrètement nos concitoyens l¹ont inventée et la font vivre.. Les adultes relais, les femmes relais (lorsqu¹ils ou elles sont correctement formé(e)s et se dotent de chartres déontologiques (Exp : Profession Banlieues FIA/ISM)) jouent un rôle très important. Nous en avons besoin pour ne pas exclure les banlieues ET AUSSI pour ne pas nous priver de leur créativité positive. Documentation pour discuter : Le terme médiation de cohésion sociale désigne la ³ pratique sociale proliférante et polymorphe, issue dans la plupart des cas de ruptures de la communication, des opacités et des blocages d¹un système social compliqué à l¹extrême, de la sophistication des appareils administratifs et juridiques , dont parle Paule Paillet dans un article ³ Médiations par milliers ² (in Informations sociales, numéro spécial de 1982 sur Les médiations, no 4, p.6) où elle présente l¹action des multiples individus et des associations qui, le plus souvent en dehors des pouvoirs publics contribuent au maintien ou à la restauration du lien social.
La recommandation issue du séminaire de Créteil la définit ainsi ³ Processus de création et de réparation du lien social et de règlement des conflits de la vie quotidienne, dans lequel un tiers impartial et indépendant tente, à travers l¹organisation d¹échanges entre les personnes ou les institutions de les aider à améliorer une relation ou de régler un conflit qui les oppose. ( actes du séminaire de Créteil, p. 128, éd. DIV 2001)
2. Tableau.
Le colloque ³ Médiation, éducation aux droits de l¹Homme- pour vivre ensemble en ville ( UNESCO 10 mars 2000) et le Séminaire de Créteil déjà mentionné, permettent d¹ébaucher un tableau. 1. - La variété des initiatives, : Les actions suscitées par les difficultés de la vie urbaine offrent un exemple particulièrement pertinent de la dualité d¹initiative, publique et privée, tantôt parallèles, tantôt complémentaires, éventuellement concurrentes. Les initiatives privées sont si nombreuses qu¹on doit provisoirement renoncer à les présenter (v. cependant les ³ récits d¹expériences ² présentés en annexes des actes du séminaire de Créteil, p. 135 à 215, éd. DIV 2001). 2. L¹initiative des pouvoirs publics se manifeste le plus souvent par la création de structures administratives ou des conventions de partenariatŠ..
Initiatives des autorités locales : l¹initiative en revient à des maires soucieux d¹éviter la détérioration de la vie dans certains quartiers de leur ville. On peut aussi faire état de médiations scolaires qui à elles seules concentrent tous les aspects de la médiation civiques ( Exp : l’action de la ligue de l’enseignement dans les Yvelines) La Mission Régionale d¹appui droit et ville a élaboré un référenciel sur la médiation à l¹intention des acteurs locaux et nationauxŠ. Le colloque ³ médiation sociale(organisé par la CAFOC du rectorat de Versailles 4-7 mai 2003) a permis de souligner l¹augmentation des dérives dans les actions qui lient trop étroitement la ³ médiation ² à des dispositifs municipaux associant des élus, des policiers, des magistrats, des organismes HLM, à des ³ médiateurs ² qui deviennent des agents de sécurité officieux, collecteurs d¹informations supposées confidentielles.
► Ils s'inscrivent dans une politique de la ville pour la rendre plus humaine et rapprocher les institutions de leurs publics. S¹y ajoutent des préoccupations sociales plus larges comme celle d'assurer l'égalité des chances, la gestion et la prévention de la violence, la lutte contre l'exclusion sociale et le déficit d'intégration de certaines populations notamment dans les quartiers les plus défavorisés. Cette hétérogénéité altère l¹autonomie des fonctions de la médiation qui devient auxiliaire de justice et de police, ou du travail social
QU¹À LÉCHELON INTERNATIONAL :Elle permet aux populations qui subissent des conflits qui les dépassent de créer un fait accompli de paix et de l¹imposer à des gouvernants devenus incapables de dépasser des querelles qui à la longue deviennent personnelles voire mafieuses. Parfois les gouvernants vivent du conflits et n¹ont pas intérêt à en favoriser la solution. à l¹échelle internationale pour garantir la communication interculturelle, le dialogue des cultures.
Documentation pour discuter :
La médiation discrète de Johan Holst, ministre norvégien des affaires étrangères qui permit la signature de l¹accord de principe entre les Israéliens et les Palestiniens le 13 septembre 1993, s¹est opérée dans des conditions qui illustrent bien la nature de la médiation. Elle s¹est produite hors -institution, par l¹initiative d¹une personne dépourvue de pouvoir, dont le nom reste pratiquement ignoré, mais reconnue moralement par les parties en présence L¹interrogation quotidienne sur le thème ³ médiation ² par moteurs de recherches sur internet fait appara²tre une floraison de ³ médiations ² internationales dont il est impossible de rendre compte La communauté San Egidio illustre particulièrement en quoi, un groupe impartial, sans pouvoir exerce une action au plus près de l¹esprit de médiation. Des médiateurs individuels ou collectifs continuent à déployer leur activitéŠ Elle fournira un outil essentiel à la promotion de la coopération pacifique que des organisations comme l¹UNESCO promeuvent. L a médiation interculturelle deviendra indispensable à l¹élaboration des normes internationales de bioéthique.
L¹accouchement de valeurs communes ne se fera pas sans la présence systématique, lors des conférences internationales, ou à côté d¹instances comme CIB (Comité international de biotéhique) de médiateurs formés au processus de communication éthique qu¹est la médiation. C¹est le but que s¹assigne une association l¹Institut International d¹éthique et de médiation biomédicales, scientifiques et sanitaires. Le dialogue entre les civilisations (n¡ spécial du Courrier de l¹UNESCO janvier 2004) requiert le sens de la complexité et la reconnaissance de l¹égalité de l¹autre, valeurs fondamentales de la médiation (infra deuxième partie, chapitre 2) La présence de médiateurs, formés à cette forme de maïeutique dans des lieux d¹interface (le synchrotron mis à la disposition de chercheurs provenant de pays belligérants, par l¹UNESCO dans le cadre du programme SESAME en Jordanie; la future bibliothèque d¹Alexandrie dans le cadre du processus de Barcelone) , pour y être des passeurs de compréhension devrait devenir systématique. Le troisième volet du processus de Barcelone, le dialogue entre les civilisations, ne pourra se dispenser de médiation.
- Nouveaux acteurs: La méthode des bons offices menés par des gouvernants, ne convient pas toujours car trop proche du pouvoir. Il s¹agit en réalité de conciliation. Incompatible avec le pouvoir, la médiation se développera par les sociétés civiles, individus, associations, académies, universités. La médiation est appelée à devenir un élément décisif de gouvernance partagée, permettant aux sociétés civiles de pays belligérants d¹imposer aux gouvernants, hors des circuits classiques de pouvoirs, un fait-accompli de paix, lorsqu¹elles subissent le fait accompli de la guerre.
La déclaration de Kofi Annan, secrétaire général de l¹ONU, le 14 juillet 1998 à Sao Paulo, témoigne de sa perception de ³ l¹émergence d¹une nouvelle ère mondiale où la société civile a un rôle de plus en plus important à jouer aux côtés des institutions officielles( SG/SM/ 6638). Plus récemment, le 16 juin 2004 à l¹occasion du séminaire international de Beijing, il reconnaissait que compte tenu de l¹impasse actuelle, la société civile disposant d¹une plus grande liberté de parole et d¹action que les institutions officielles, aura un rôle à jouer dans le conflit israélo-palestinien. L¹initiative de Genève en fournit l¹exemples
Enfin la médiation d¹accompagnement des traités de paix pour faciliter le rétablissement du dialogue après des conflits douloureux, entre pleinement dans les fonctions de la médiation étudiées dans la deuxième partie (Michèle Guillaume-Hofnung Le processus de médiation dans la construction de la paix UNESCO colloque du 22 juin 2004 ³ Société civile et règlement des conflits) La formation à la diplomatie doit anticiper le besoin de tels médiateurs à l¹instar de ce qu¹expérimente le CADMOS de l¹Université de Paris 11.